Landes : 1 700 hectares brûlés à Luglon, et une année déjà record
Quatre jours de lutte, un feu « pas encore fixé » mais moins intense, et les premiers habitants autorisés à rentrer. C'est le troisième incendie majeur de l'été dans le massif landais, après Biscarrosse et Saumos.
« Le feu est moins intense mais il n'est pas encore fixé. » La formule du préfet des Landes, Gilles Clavreul, résume l'état du front dimanche soir. Depuis jeudi 13 août, l'incendie déclaré sur la commune de Luglon, au nord-ouest de Mont-de-Marsan, a parcouru quelque 1 700 hectares de pinèdes et provoqué l'évacuation de 650 habitants des villages de Luglon et Garein. Aucune victime, aucun dégât matériel majeur.
Un « travail de fourmi »
Le dispositif a mobilisé plus de 550 sapeurs-pompiers, appuyés par des moyens aériens dont un hélicoptère Chinook prêté par l'Australie. La progression a été contenue sans être complètement enrayée : les vents tournants de jeudi après-midi ont fait gagner au feu une vitesse que les colonnes n'ont rattrapée que le samedi, à la faveur d'une baisse des températures et d'un peu d'humidité nocturne.
Dimanche soir, le préfet annonçait la réintégration d'une cinquantaine d'habitants de Garein, certaines zones étant désormais à l'abri. C'est la définition administrative d'un retour à la normale : partiel, révocable, décidé maison par maison.
Il s'agit du troisième incendie majeur de l'été dans le massif, après Biscarrosse et Saumos.
L'été le plus destructeur depuis un demi-siècle
Le contexte écrase l'événement. Fin juillet, le feu de Biscarrosse avait ravagé 3 700 hectares et environ 200 maisons et bâtiments ; celui de Saumos, en Gironde, 42 000 hectares. Au 27 juillet, le cumul atteignait 45 600 hectares détruits, 88 sapeurs-pompiers blessés et plus de 240 bâtiments partis en fumée. Ces incendies sont considérés comme les plus dévastateurs depuis plus de cinquante ans, sans toutefois surpasser ceux de 1949, qui avaient parcouru 52 000 hectares et coûté la vie à 82 personnes.
Selon le système européen de surveillance des feux, la France bat déjà le record de surfaces brûlées sur vingt ans de mesures satellitaires.
Le massif landais cet été
- Biscarrosse — 3 700 hectares fin juillet, près de 200 habitations détruites au Porge.
- Saumos (Gironde) — 42 000 hectares, évacuations massives sur le littoral.
- Luglon — 1 700 hectares, 650 évacués, 550 pompiers mobilisés.
- Cumul au 27 juillet — 45 600 hectares, 88 pompiers blessés, plus de 240 bâtiments touchés.
Un massif structurellement exposé
La forêt des Landes de Gascogne est majoritairement plantée de pins maritimes, desséchés par des vagues de chaleur dont l'intensité est rendue significativement plus probable par le changement climatique. La troisième année consécutive de déficit hydrique a laissé un combustible prêt à partir. Ce n'est pas une fatalité météorologique : c'est un état du sol, mesurable, et qui se reconstitue plus lentement qu'il ne se dégrade.
En amont d'une visite officielle destinée à lancer la reconstruction des zones sinistrées en Gironde, le Premier ministre s'est rendu dimanche au Porge. La reconstruction, elle, se comptera en décennies : un pin maritime exploitable demande une quarantaine d'années.
Environnement — écrire à la rédaction